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Nouvelle

Les recherches en éthique et gouvernance policière : défis et bonnes pratiques

25 mars 2024
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Vue sur l'écusson d'un policier de Montréal

L’administration publique touche de nombreux secteurs de notre société. Au Québec, en plus de la Sûreté du Québec, on compte une cinquantaine de services de police pour autant de régions, territoires autochtones ou municipalités. Alors que ce secteur fait face des enjeux liés au recrutement, comme le mentionnent certains médias en mars 2024, trois membres du corps professoral de l’École nationale d’administration publique (ENAP) se penchent sur la question. 

Yves Boisvert, Étienne Charbonneau et Stéphanie Gagnon ont lancé le Groupe de recherche en éthique et gouvernance policière (GRÉGP) afin de mettre à profit leurs expertises complémentaires. L'équipe de recherche a pour objectif de réaliser des travaux permettant de produire des connaissances scientifiques et de les transmettre au grand public, d’une part, mais également aux membres de l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ), partenaire du GRÉGP. 

« Les patrouilleuses et les patrouilleurs interviennent dans la société, en étant à la fois de premiers répondants et répondantes ainsi que la porte d’entrée du système judiciaire. Ils sont aussi la dernière instance des ratés à court et long terme du système d’éducation, de santé et des services sociaux. Les gestionnaires policiers méritent des analyses et des recommandations pour ces défis », souligne Étienne Charbonneau.

Défis et bonnes pratiques des services de police sous la loupe

La mission que se donne l’équipe de recherche du GRÉGP est d’analyser les défis auxquels font face les gestionnaires des services de polices, mais aussi de consigner et d’analyser les bonnes pratiques. 

« Les corps policiers créent de nouvelles pratiques et forment des équipes afin de faire face à l’accroissement fulgurant des personnes en situation d’itinérance et des personnes dont l’état mental est perturbé, selon la professeure Gagnon. Ces mandats complexes et à la jonction de nombreux ministères, dont celui de la santé et des services sociaux, accentuent la complexité de la gestion de ces organisations ainsi que des fonctionnaires de première ligne qui y œuvrent. »

La gestion des relations entre personnels policiers et spécialistes en travail social, la déférence à l’autonomie et au professionnalisme des membres des corps policiers de la part du public, et la gestion de l’éthique policière seront donc abordées au cours des trois prochaines années. « Les corps policiers, organisation publique méconnue, sont au cœur de changements importants, autant de raisons de les étudier afin de mieux les comprendre », poursuit la chercheuse.

Parmi les membres de l’ADPQ, les dirigeants des vingt-huit organisations policières municipales, de la Sûreté du Québec, de plusieurs corps policiers autochtones, de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), et autres services de sécurité publique œuvrant au Québec. C’est un bassin intéressant d’expériences en administration publique. 

En plus de la recherche destinée à des gestionnaires ainsi que des cheffes et chefs de police, le GRÉGP s’est donné un mandat de transfert des connaissances. Les activités ont pour thème la gestion des risques éthiques; l’éthique et la gestion disciplinaire; le leadership éthique; la gestion des émotions; la gestion du changement et la satisfaction et la confiance des citoyennes et des citoyens.

L'équipe de recherche

Membre fondateur du GRÉGP, le professeur Yves Boisvert est chercheur au Centre d’études politiques et sociales (CEPEL) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) rattaché à l’Université de Montpellier 1. Ses recherches récentes portent sur l’élaboration des systèmes de protection de l’intégrité et de promotion de l’éthique des services publics, ainsi que sur l’éthique professionnelle des policières et policiers et leur pouvoir discrétionnaire. 

Le directeur du Groupe de recherche en éthique et gouvernance policière (GRÉGP), le professeur Étienne Charbonneau, est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en management public comparé. Ses recherches récentes portent sur l’imputabilité, le télétravail et la surveillance électronique, dont avec les caméras corporelles des membres du corps policiers.

Membre fondatrice du GRÉGP, la professeure Stéphanie Gagnon effectue des travaux sur la régulation des émotions des patrouilleuses et patrouilleurs, les multiples modèles et pratiques de la police communautaire, de même que sur les valeurs et intérêts publics. Elle est membre du Centre de recherche sur la gouvernance (CERGO).

Membres partenaires de l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ)

  • Pierre Brochet, président
  • Denis Turcotte, vice-président
  • Didier Deramond, directeur général
  • Patrick Lalonde, conseiller

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